Les collections artistiques de la Bibliothèque Polonaise

L’histoire des collections artistiques de la Bibliothèque Polonaise est marquée par trois dates importantes :

1838 – date de la naissance de la Bibliothèque à la suite de la réunion de la Société historique et littéraire et de la Société de l’Aide à la Recherche, qui en fusionnant ont créé la Société Historique et Littéraire Polonaise

1839 – date de l’ouverture à un large public

1854 –  date de l’installation définitive de la bibliothèque dans le bâtiment de l’île Saint Louis à Paris, au 6 quai d’Orléans.

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Texte rédigé par
Anna Czarnocka
Responsable des Collections Artistiques
et du Musée Biegas                                    

Le fond premier est constitué par les collections des émigrés. Il s’agit non seulement de collections d’ouvrages mais également d’archives précieuses sur l’émigration polonaise ainsi que des collections de cartes, de vastes collections d’œuvres d’art, de souvenirs et de photographies. Quatre fonds constituent des unités muséographiques indépendantes : le musée Adam Mickiewicz, le salon Frédéric Chopin, le musée Boleslas Biegas qui comprend des œuvres d’art du XIXe et du XXe siècle, et l’importante collection d’œuvres d’art rassemblées par Camille Gronkowski, enrichies par des dons de Polonais émigrés, de Français polonophiles ou des artistes eux-mêmes, d’origine polonaise mais demeurant en France. Le nom des principaux bienfaiteurs qui ont œuvré pour la naissance et l’activité de la Bibliothèque Polonaise ainsi que les dates plus importantes de son histoire sont gravés sur des plaques murales apposées sous l’effigie de l’aigle des Jagellons, symbole de l’état polonais libre, rapporté du Wawel le 3 mai 1929.

La Bibliothèque Polonaise, issue de la réunion de ces diverses sociétés a acquis lentement le statut d’une institution centrale, d’une parcelle de polonité à l’étranger, d’un trésor rassemblant les biens des émigrés. Elle était un fragment de patrie libre, dépendant de l’engagement et de la générosité des compatriotes. Grâce à leur sacrifice et à leurs dons, elle a survécu aux aléas de l’histoire et dure jusqu’à aujourd’hui.

Des collections entières sont parvenues à la bibliothèque mais également des œuvres individuelles héritées ou acquises, données dans l’espoir que leur soient assurées une protection et une sauvegarde. Une séparation très nette s’établit ainsi dans les caractéristiques des collections. D’un côté ce sont des « souvenirs nationaux », les plus précieux du point de vue sentimental et proches du cœur de chaque Polonais. L’intérêt des collectionneurs se concentrait alors sur les questions iconographiques et les critères nationaux. Cette attitude était liée avec l’idée de sauvegarde de la nation, de sauvegarde de la polonité de l’émigration, dans l’espoir de sauver le passé de l’oubli. Parmi eux se trouvent des souvenirs familiaux pieusement conservés ou provenant des caisses métalliques de soldats, humble « trésor » de ses propriétaires.
D’autre part ce sont des œuvres d’art rassemblées par des collectionneurs ouverts sur la culture française mais aussi sur l’art en général, parfois transmis par les artistes eux-mêmes, leur famille ou amis.